Est-on handicapé du coeur ?
Par Evelyne Duvernois le jeudi 13 mars 2008, 08:02 - Vie quotidienne - Lien permanent
Dans la lignée ouverte par Véronique, la rédaction, et bien d'autres encore, je vais donner ici ma contribution au thème sur le handicap au travail.
Intégration difficile, problème logistique ? Quelle est notre vision du handicap au travail ? Voilà de quoi je me propose de vous parler...
L'handi-tolérance
Le handicap au travail est un thème très intéressant. Sommes-nous réellement handi-tolérant. Voici un petit test dont le lien a déjà été signalé par Sylve lors de son billet Handicap... T'es pas cap ?! pour tester votre handi-tolérance. Voici mes propres résultats :
Votre note : 18.5/20
Véritable intégrateur du handicap, vous êtes aujourd'hui de ceux qui contribuent à un meilleur accueil des personnes handicapées, nous comptons sur vous ! Vous vous engagez et vous refusez l'intolérance. Pour vous, le fait de travailler ensemble n'a plus de secret. Attention n'en faites pas trop, une personne handicapée est une personne comme une autre : elle n'a pas tant besoin d'être assistée que d'être accueillie comme n'importe quel autre salarié.
Rejet du handicap ?
Je pense qu'il est difficile de parler d'un handicap quand on n'en est pas soi-même atteint. Je n'ose pas essayer de comprendre ce que les handicapés ressentent envers un rejet. Toutefois, je connais et côtoie des personnes handicapées et je vois certaines de leur difficulté, en particulier au travail. Que l'on soit valide ou non, cette question de l'intégration des handicapés dans le monde du travail nous préoccupe. Est-on bien sûr de faire le maximum pour leur rendre la vie plus "facile" ? Voulons-nous réellement prendre le taureau par les cornes pour rendre les choses meilleures ?
Je pense ici que cela diffère selon les gens et selon les milieux professionnels. Je suis, pour ma part, heureuse de constater que partout où j'ai travaillé, les handicapés sont plutôt bien étaient intégrés. Les mentalités évoluent-elles ou le monde scientifique est-il plus propice à l'accueil des handicapés ? Mais pourquoi emploie-t-on des handicapés ? Simplement pour faire bien ou pour donner une belle image à l'entreprise ? J'espère sincèrement que non, et j'espère tout autant que ces embauches révèlent une véritable volonté sociale portée sur l'individu employé, et non sur les possibles retombées économiques pour l'entreprise.
En conclusion
Je dirais, pour finir ce billet, que les compétences pour moi priment sur la santé. Pourquoi ne pas donner sa chance à quelqu'un qui est apte, qui est capable, et qui saura parfaitement s'intégrer dans une équipe, dans des méthodes de travail et dans une directive commerciale quelconque ? Pensons un peu que nous aussi, un jour, un accident de la vie pourra nous prendre notre mobilité, ou un de nos sens, pour ne parler que du physique. Devrons-nous alors arrêter de travailler et arrêter toute vie sociale ? Ou préfèrerons-nous que des gens se soient battus pour les handicapés, pour leur intégration... ?
Je pense que la meilleure intégration sera quand on ne se posera plus la question, que tout ira de soit, et que des semaines du handicap au travail, et des billets en rapport sur des blogs se seront plus d'actualité, car tout handicapé sera intégré de manière normale en entreprise, et qu'on ne les mettra plus dans une "classe", dans une "case" qui me parraît à moi, bien restrictive.... Un handicapé, c'est une personne avant tout...
Pour bientôt ? J'espère !








Commentaires
Merci beaucoup Evelyne de ce billet personnel et analytique (et porteur d'espoir)
Bonsoir Evelyne,
J’ai eu l’occasion, en ma qualité d’Assistante du DG, d’être le lien privilégié entre les Collaborateurs et la Direction.
Je ne voudrai pas paraître pessimiste mais la réalité est bien plus triste que la note du test sur la handi-tolérance. Et parfois le rejet à l’embauche d’une personne handicapée ne vient pas de la Direction ou de l’environnement managérial mais des Collaborateurs eux-mêmes, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer.
J’espère sincèrement que ceux qui ont travaillé avec moi dans la dernière société et qui au hasard de leur surf sur Internet auront le loisir de lire votre billet et tous ceux consacrés au handicap, se remettront rapidement en question.
Effectivement, ce qui devrait idéalement compter ce sont les compétences et non notre apparence physique. Il faudra du temps pour que les mentalités évoluent mais plus nous mettrons en lumière les incohérences sociales plus nous aurons de chances de réussir.
Au plaisir de vous lire …
Merci Renata pour ce commetaire...
Je suis bien d'accord sur le fait que le test de l'handi-tolérance veut tout et rien dire. J'ose à penser tout de même que les gens qui tombe sur ce test pourront se remettre en question et se dire "et moi, dans tout ça, suis-je vraiment ce que je crois ? Suis-je tolérant ou n'est-ce qu'une façade ?"
Il est facile je pense de dire "mais moi je n'ai pas de problème avec les handicapés" mais je pense que ce qui compte véritablement est de ne rien dire et d'agir, en intégrant véritablement des collaborateurs et non "un handicapé"...
Je suis aussi d'accord avec le fait que le problème vient plus souvent de l'environnement professionnel direct, des collaborateurs, plutôt que de l'administration. Mais si l'administration ne faisait pas le premier pas, se serait encore plus difficile je pense. Ensuite, c'est une question d'individu, et malheureusement, les idées reçues ont la vie dure, et il faudra du temps pour que les mentalités changent...
Espérons que ça arrive le plus vite possible !
Pour prolonger votre débat, un clic sur notre blog Handi t'es pas cap (http://handistory.blogs.psychologie...). Nous avons également sorti, récemment, un ouvrage sur cette thématique du handicap : "Handicap, un challenge au quotidien" (Editions Jouvence)
Cesarina est handicapée (IMC) et avocate au Barreau des Hauts de Seine; je suis valide. Notre ouvrage est davantage un art du bien vivre ensemble qu'un livre spécialisé sur le handicap. Il serait intéressant de bien faire la distinction entre le handicap et la déficience. Le handicap, c'est le traitement que la société réserve aux personnes atteintes d'une déficience. On reconnait une société évoluée, notamment à sa manière de traiter les personnes handicapées. Si la personne en situation de handicap met toute son énergie pour gérer sa déficience, elle attend de la société la même volonté d'y remédier. Si les lieux sont accessibles, les formations adaptées, la prise en charge de la déficience effective, il n'y a plus de handicap. Attention aussi aux idées reçues, ce n'est pas parce qu'une personne a un handicap qu'elle est malade ou fragile. Bien au contraire, sa confrontation à un quotidien plus difficile lui a souvent permis de développer des qualités d'endurance, de résistance et des qualités humaines souvent hors du commun.