Un neurotransmetteur est une petite molécule présente naturellement dans l'organisme dont le rôle est de créer une communication dans l'organisme. On appelle ce phénomène la transmission de signal. Mais pour bien comprendre le rôle d'un neurotransmetteur, il faut remonter au niveau du système nerveux.

Le système nerveux (humain) et les neurones

Le système nerveux est une organisation spécifique d'organes qui permettent à tout l'organisme de bouger et de ressentir... Il est un peu le disque dur de l'individu. Chez les vertébrés (animaux à vertèbres), le système nerveux est composé du cerveau, de la moelle épinière ainsi que de tous les nerfs. Ce système permet de contrôler les muscles et les organes en vue de régir notre coordination (contrôle des muscles), notre état de santé (vous ne faite pas battre volontairement votre cœur, pourtant il bât...) ou notre intégrité (réaction face à une agression telle que la douleur : vous retirer votre main si c'est trop chaud)...

Le système nerveux véhicule toute information sensorielle (douleur, chaleur, froid, piqure...) qui est conduite des nerfs jusqu'au cerveau et inversement. Chaque nerf est constitué de cellules appelées neurones qui sont à la base de cette communication de l'information sensorielle. Le neurone a une structure très caractéristique, constitué d'un axone, sorte d'axe sur lequel s'étire la cellule, d'un corps cellulaire, élément central du neurone contenant le noyau, de dendrites, prolongements du corps cellulaire, et enfin des terminaisons neuronales.

neurones

Le message sensoriel transite au sein d'un neurone le long de l'axone, des dendrites aux prolongements neuronaux, et transite entre 2 neurones ou entre un neurone et une cellule (par exemple cellule musculaire) par ce que l'on appelle une synapse. Ce message est en fait un message électrique dont je ne vais pas décrire ici toutes les composantes (si un billet plus détaillés vous intéresse, n'hésitez-pas à m'en parler). A l'extrémité des terminaisons neuronales se trouvent ce qu'on appelle des boutons synaptiques qui entrent quasiment en contact avec une dendrite d'un autre neurone (ou une cellule). Le contact n'est pas réellement établi, et un espace est présent entre les 2 structures, espace qu'on appelle la fente synaptique. L'élément en amont de la fente synaptique est appelé élément pré-synaptique alors que celui en aval est appelé élément post-synaptique. L'ensemble constitue la synapse.

Les neurotransmetteurs dans tout ça...

Au vue du fait qu'une synapse correspond à un espace physique entre 2 composants, et que le signal doit quand même transité, un élément de transmission du signal est nécessaire entre les 2 composants. Cet élément est le neurotransmetteur...

Un neurotransmetteur doit remplir plusieurs caractéristiques :

  • il doit être présent et stocké dans l'élément pré-synaptique
  • il doit y être synthétisé (produit par réaction chimique)
  • il doit être libéré dans la fente synaptique en réponse à une stimulation de l'élément pré-synaptique
  • des récepteurs spécifiques de ce neurotransmetteurs doivent être présents sur l'élément post-synaptique
  • un système de dégradation du neurotransmetteur ou de recapture vers l'élément pré-synaptique doit être présent.


Ainsi, lors d'une stimulation d'un neurone dans un nerf, l'information sous forme d'influx électrique traverse l'axone pour arriver aux boutons synaptiques. La synthèse des neurotransmetteurs est stimulée pour qu'ils soient relargués dans la fente synaptique. Ils entrent alors en contact avec des récepteurs spécifiques sur l'élément post-synaptique, ce qui provoque un influx nerveux côté post-synapse. L'information est transmise.

Le système est tout de même un peu plus complexe. Ce n'est pas l'information électrique qui relargue directement le neurotransmetteur mais une libération de calcium dans l'élément pré-synaptique. Je n'entrerai pas dans ces détails ici.
synapse

Les neurotransmetteurs

Les neurotransmetteurs sont regroupés au sein de différents "types" suivant leur origine chimique :

  • les monoamines synthétisés à partir d'acides-aminés : catécholamine, sérotonine, histamine (cf composé histaminique prescrit pour les troubles allergiques)
  • les endorphines similaires aux opiacés, dont les récepteurs sont souvent la cible de drogue (des opiacés prescrits comme certaines anti-douleur jusqu'à la cocaïne)
  • les acides-aminés
  • des substances chimiques diverses comme l'acétylcholine qui est le neurotransmetteur "type" de l'organisme, intervenant entre autre au niveau de récepteurs nicotiniques, récepteurs qui fixent nicotine (ce qu'il y a dans vos cigarettes préférées...), d'où le fait que biologiquement parlant, la nicotine est considérée comme une drogue puiqu'elle prend la place de l'acétylcholine....


Les neurotransmetteurs, des cibles de choix...

Comme suggéré précédemment, les drogues au sens large prennent pour cible nos neurotransmetteurs. Des médicaments remplacent des neurotransmetteurs types pour soit arrêter le signal (douleur), soit l'augmenter (par exemple augmentation/ralentissement du rythme cardiaque suivant le Nt...). D'autres utilisations moins "légales" ont le même but, remplacer un neurotransmetteur pour augmenter/diminuer le signal mais pour des objectifs moins thérapeutiques : augmentation du sentiment de liberté, de bonheur...

Toutefois, l'utilisation de ces drogues n'est pas anodin, puisque les synapses et les cellules synaptiques sont fragiles. Une utilisation prolongée de drogue (médicament ou non) à forte dose provoque des séquelles irrémédiables (destruction de neurones, besoin du neurone de plus en plus grand pour la même réaction...), d'où la nécessité d'un suivi médical quand le traitement se prolonge...