Alors alors c'est parti, vous cherchez un emploi dans la recherche. Vous êtes technicienne, ingénieur (et même ingénieuse) ou chercheuse, vous êtes surtout une femme ! Telle est l'épée de Damoclès qui vous est tombée dessus dès votre naissance : être une femme dans la recherche française, ce n'est pas de tout repos !

Vous sortez des études en biologie, chimie, physique... et vous voulez percer dans le milieu de la recherche. En tant que "jeune femme et jeune active", vous cumulez un peu les mauvais points. Nombreux sont les milieux professionnel où les femmes sont encore mal perçues : une femme c'est forcément bavard, ce n'est pas assez productif, c'est une faible chose et pour peut que ça soit une blonde... Non j'exagère un peu là !

En ce moment dans la recherche, les emplois ne sont pas simples à trouver, mais c'est le lot de tout le monde, garçon ou fille. Tout dépend le milieu dans lequel vous cherches. Je vais m'attarder un peu plus sur le milieu que je connais le mieux : la bioinformatique !

Une femme bioinformaticienne

Il est vrai que la bioinformatique n'est pas encore un milieu très "féminin". Le terme "informatique" fait penser qu'on programme toute la journée, qu'on est enfermé dans une sorte de grotte souterraine, sans lumière, sans visite, sans vie sociale. Bref, en tant que bioinformaticienne, nous sommes forcément des garçons manqués pour souhaiter faire ce travail ! Et bien que nenni, cher lecteur. La bioinformatique est un monde d'échange, de collaboration, où toute femme et tout homme a sa place.

Jusqu'à présent, ma "qualité" de femme n'a jamais été un problème. Mon chef actuel n'a aucun préjugé et préfère les qualités d'un candidat à son apparence. Je remplace d'ailleurs une autre femme à mon poste. Mes collègues sont des hommes ET des femmes, en nombre équivalent. J'ai toujours été bien accueillie dans mes emplois et stages, mes idées sont écoutées, prises en compte, étudiées. De même durant mes études, filles et garçons s'entendaient bien et l'entre-aide était de rigueur (oui je sais, j'ai fait une super formation avec des gens supers). Bref, on ne peut pas vraiment dire que mon environnement de travail soit le plus mauvais pour une femme.

Les avantages d'être une femme en bioinformatique :

Depuis que le femmes travaillent (déjà 60 ans et des brouettes, pour la majorité...), pleins de choses se sont dites sur le travail des femmes, et pas toujours très élégantes ! Je pense moi qu'une femme apporte un peu de "douceur à ce monde de bruts" et surtout je pense qu'une femme a sa place dans n'importe quel milieu professionnel.
En bioinformatique, les femmes sont de plus en plus nombreuses. On ne voit plus d'hommes informaticiens isolés dans leur bureau, enfin si, encore un peu, mais ça évolue. La bioinformatique est un de ces métiers qui, je pense, permet d'intégrer un individu à une équipe, qu'il soit homme ou femme. En effet, notre condition même de bioinformaticiens imposent une vision large du travail : nous partageons, nous échangeons, puisque notre travail est pluri-disicplinaire. Peut-être est-ce justement ce côté pluri-disciplinaire qui fait que la bioinformatique est un monde ouvert à tous ?
Je ne sais pas ce qu'être une femme peut apporter à un tel emploi. Je ne suis pas partisane du fait de dire qu'une femme est différente professionnellement d'un homme. Je considère qu'on peut être dynamique ou mollasson, organisé ou bordélique, compétent ou inutile... qu'on soit un homme ou une femme.

Les désavantages à être une femme !

Ce qui se complique surtout, c'est quand vous arrivez à l'age "fatidique" des 25-30 ans où votre patron se dit "tient, mais elle va nous faire un bébé !". Oh oui le gros mot est lancé : BEBE. Ne soyons pas naïves chères lectrices (et peut-être chers lecteurs), ce qui pose problème à notre condition de femme, c'est bien la maternité. Comment mener de front une carrière dans la recherche, ce qui prend de base quelques années, tout en voulant mener une vie de famille. Nombreuses sont celles qui ont baissé les bras pour faire un enfant "tard", passé 35 ans. Nombreuses aussi sont celles qui ont tiré un trait sur leur carrière pour faire des enfants tôt, donc avant 30 ans.
Si vous avez déjà un clone génétiquement non-modifié, la difficulté est identique. La femme chercheuse est forcément une maman ultra-possessive dont le mari/compagnon ne s'occupe jamais du dit clone. Donc, devinez qui doit aller garder le bout de choux quand il est malade ? Quoi, en plus tu en veux plusieurs des enfants ?? Quoi, tu en veux 3 ? Mais c'est horrible ! Quand c'est que tu bosses ? Voilà l'opinion que j'ai souvent vue dans les laboratoires.
La super-woman carriériste de la recherche et maman ultra-pro qui fait les courses, le ménage, à manger et s'occupe de bébé n'est pas encore née. Je pense que là est le plus grand tabou et surtout la plus grande hypocrisie à notre époque, tout milieu confondu. Une femme chercheur devrait toujours faire passer sa carrière en premier, avant sa vie personnelle, ceci pour le respect de ses collègues. Mais il est à l'inverse normal dans notre monde que ce soit la femme qui s'occupe des enfants, et anormal si un homme prend un congès de paternité (si si, ça fait beaucoup jaser !!). Nous ne sommes pas encore dans un monde où on peut trouver un juste milieu...



Conclusion :

Je dirais surtout que le problème dans le recherche est qu'il est normal de ne pas compter ses heures (oups, qui a dit heures sup'). J'aime ce milieu (je suis jeune et pas encore blasée), mais les sacrifices pour une femme sont souvent plus importants que ceux d'un homme.

Dur la recherche !