La reconversion et la recherche font bon ménage. Il faut comprendre que la carrière d'un chercheur est une remise en question perpétuelle : on change de thématiques, de modèles d'étude, d'équipe, de labo... surtout quand on n'est pas encore titulaire (entendre par là détenteur du sacrosaint CDI).

Ce que j'observe souvent, c'est une forte reconversion des personnes issues du milieu de la recherche. Pourquoi ? Comment ? Voilà quelques questions que je me pose sans pour autant avoir toutes les réponses.

Comment fait-on pour se reconvertir quand on est dans la recherche ?

Là, je dirais "comme tout le monde".
Les bilans de compétences, les études de marché, une véritable réflexion sur son projet professionnel avec une études poussées des tenants et aboutissants, des avantages et inconvénients font partie de tout ce qu'il faut considérer.
Un des avantages que je vois à être issu de la recherche, c'est la formation ou plutôt l'auto-formation. Je pense qu'une personne issue du milieu de la recherche est apte à se former, car son métier est un apprentissage quotidien.
Plus que tout cela, je dirais qu'une reconversion n'est envisageable que si elle tient à cœur, si on en a l'envie, si elle est nécessaire pour quelque raison que ce soit.

Pourquoi tant de reconversion dans le monde de la recherche ?

Sans doute par manque de postes de titulaire, une majorité de scientifiques possédant une thèse finissent professeur, ou fermier bio dans les gorges du Larzac !
Pour une bonne majorité, mes professeurs de biologie, de chimie et même de mathématiques étaient d'anciens chercheurs qui, par manque de temps pour leur vie de famille, par lassitude, et sans doute aussi par goût de l'enseignement, ont finis par changer de voie et se sont tourner vers l'éducation nationale... J'ai même eu un professeur de ressources humaines qui avait une thèse en biologie, avait fait une carrière en informatique avant de se tourner vers le RH en consultant à la fac (oui oui, ça existe).
En outre, faute d'emploi, certains chercheurs se tournent vers des métiers pas si éloignés de la recherche, par exemple faire de la vulgarisation scientifique dans les écoles. Et là, le couperet tombe avec un "mais vous êtes sur-qualifié". C'est à ce moment là que l'on comprend que faire de la science, c'est dans la recherche ou rien ! Et quand il n'y a pas de poste, on va malheureusement voir ailleurs par nécessité...

Est-il facile de se reconvertir quand on est chercheur ?

Et là, la réponse pour moi est non.
En effet, on pourrait croire qu'un bon diplôme (bac+8 quand même) vous ouvre des portes. Et bien je me rends de plus en plus compte que cela en ferme quelques-unes aussi ! Souvent, la réponse obtenue est un "Mais vous ne rentrez même pas dans les cases. Avec votre thèse, je serais obligé de vous payer plus qu'un autre". Dur de s'entendre dire que se serait plus simple si on avait un diplôme inférieur, qu'au final nos études nous pénalisent plus qu'elles ne nous aident...


A l'époque où l'on nous rabâche qu'il est important d'avoir des diplômes, le milieu de la recherche est l'exemple frappant qui montre que trop de diplôme peut être préjudiciable. La reconversion après la recherche, c'est possible mais ce n'est pas simple. Les solutions seraient peut-être de changer totalement de voie ou d'ouvrir son entreprise... A réfléchir !